la vie de Steven

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25 avril, 2010

JE VOUS EN PRIE

Classé sous POEMES — steouioui @ 23:19

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Je vous en prie,

 

Ne me demandez pas si j’ai réussi à le surmonter, je ne le surmonterai jamais. 

 

Je vous en prie,

 

Ne me dites pas qu’il est mieux là où il est maintenant, il n’est pas ici auprès de moi.

 

Je vous en prie,

 

Ne me dites pas qu’il ne souffre plus, je n’ai jamais accepté qu’il ait dût souffir.

 

Je vous en prie,

 

Ne me dites pas que vous savez ce que je ressens, à moins que vous ayez aussi perdu un enfant.

 

Je vous en prie,

 

Ne me demandez pas de guérir, le deuil n’est pas une maladie dont on peut se débarasser.

 

Je vous en prie,

 

Ne me dites pas « au moins vous l’avez eu pendant tant de temps ». Selon vous, à quel âge votre enfant devrait-il mourir ?

 

Je vous en prie,

 

Ne me dites pas que Dieu n’infliges pas plus que ce que l’homme peut supporter.

 

Je vous en prie,

 

Dites-moi simplement que vous êtes désolés.

 

Je vous en prie,

 

Dites-moi simplement que vous vous souvenez de mon enfant, si vous vous rappelez de lui.

 

Je vous en prie,

 

Laissez-moi simplement parler de mon enfant.

 

Je vous en prie,

 

Mentionnez le nom de mon enfant.

 

Je vous en prie,

 

Laissez-moi simplement pleurer.

 

 Marcel, Noëlle ses parents, Kévin, Yohann ses frères, Cassandra sa soeur

 

en souvenir de

Steven qui nous a quitté le 04 Août 2009 

                                                                                                      

 

Il venait d’avoir 9 ans le 18 Juillet 2009

 

La mort n’est rien

Classé sous Non classé,POEMES — steouioui @ 21:18

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  La mort nest rien

La mort n’est rien,

 Je suis seulement passé, dans la pièce à côté.

 Je suis moi. Vous êtes vous.

 Ce que j’étais pour vous, je le suis toujours.

 Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donné,

 Parlez-moi comme vous l’avez toujours fait.

 N’employez pas un ton différent,

 Ne prenez pas un air solennel ou triste.

 Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.

  Priez, Souriez,

 Pensez à moi,

 Priez pour moi.

 Que mon nom soit prononcé à
la maison

 Comme il l’a toujours été,

 Sans emphase d’aucune sorte,

 Sans une trace d’ombre.

 La vie signifie tout ce qu’elle a toujours
était.

Le fil n’est pas coupé.

 Pourquoi serais-je hors de vos pensées,

 Simplement parce que je suis hors de votre vue ?

 Je ne suis pas loin, juste de l’autre côté du chemin.

 

 

Faire le deuil d’un enfant c’est très long

Classé sous Non classé — steouioui @ 21:00

« Faire le deuil d’un enfant, c’est long, très long »

« Après la mort de Marc, j’ai compris de l’intérieur cette réaction des rescapés des camps de concentration : j’avais le sentiment de vivre une expérience tellement effroyable, qu’elle resterait indicible parce que personne ne pourrait jamais la comprendre.»

Ce que cette mère arrive à formuler, dix ans après le décès de son fils, traduit bien ce que ressentent beaucoup de parents endeuillés. La mort d’un enfant est en effet l’expérience la plus terrible que peuvent vivre des parents. (…) Une épreuve qui atteint la chair de leur chair, contre l’ordre chronologique du temps et des générations (« c’était à moi de partir », disent les grands-parents), et sur laquelle on a du mal à mettre des mots.Et ils ont le sentiment qu’ils ne pourront jamais la partager avec d’autres, y compris, souvent, avec ceux qui leur sont proches (…). Et «les autres », de leur côté, n’osent pas leur en parler.

« La mort de l’enfant reste un tabou très fort, qui conduit à l’isolement des parents, explique Marie-Frédérique Bacqué, auteur de plusieurs ouvrages sur le deuil (1). D’un côté, ce sont les parents eux-mêmes qui s’isolent : pris dans un mouvement de culpabilité, ils s’autosanctionnent en se refusant au monde, en évitant d’entrer en contact avec l’entourage. Et les autres parents ont tendance à les fuir, car ils en ont peur : ils ont peur d’être touchés, émotionnellement, ou réellement, par une espèce de superstition selon laquelle la mort serait contaminante. » (…)

Nadine Beauthéac, ethnosociologue et administratrice de l’association « Vivre son deuil Parie-Ile-de-France » vient d’écrire un livre sur le deuil (2). « On vit dans une société qui ne sait pas manier les mots du chagrin, déplore-t-elle. Et il est impudique de le faire.

Passé le choc du début, les parents en deuil son amenés très vite, sous la pression sociale, à ne plus pouvoir en parler. On leur demande de faire le deuil le plus vite possible. Or, le deuil d’un enfant, c’est très long, beaucoup plus long que ce que la société imagine.» Cette accélération sociale du deuil est encore plus forte, souligne-t-elle, lorsque l’enfant décédé est un nouveau-né. « Quand au bout de quelques mois, de quelques années, les parents qui ont perdu un bébé expriment des signes de souffrance, l’entourage (qui souvent n’a pas connu l’enfant) va leur renvoyer « qu’il était si petit », qu’il faut « qu’ils l’oublient », et qu’ils « tournent la page ». (…)

Ce dont souffrent les parents, en plus de l’absence, c’est de ce silence, car ils ont très peur que leur enfant soit oublié. « L’entourage, insiste Nadine Beauthéac, ne mesure pas ce que vivent au quotidien ces parents, dans quel état d’épuisement physique et psychologique ils sont. Les parents en deuil soulèvent l’Himalaya tous les matins. Au bout d’un an ou deux, la plupart, commencent à peine à sortir du choc. (…) « Faire le deuil d’un enfant, c’est long, très long, répète-t-elle. On est agité par des sentiments très complexes : on s’attend à n’éprouver que du chagrin, mais derrière le paravent du chagrin il y a la colère, et derrière encore la culpabilité. Ces émotions, il faut que les parents en deuil aient le temps de les repérer (on étouffe par exemple sa colère contre le défunt pendant des années), de les vivre, de les traverser…

Il s’agit d’un travail lent et difficile. » Un travail qui peut se faire seul, mais aussi et de plus en plus avec l’aide des autres. « Ce qui peut permettre d’aller plus vite, souligne Nadine Beauthéac. Car il est terrible de se dire que des souffrances ont pu se taire si longtemps. Telle celle de cette mère, venue récemment se présenter à « Naître et Vivre » en disant : « J’ai perdu mon bébé il y a vingt ans : il avait 3 mois… » Signe qu’une lente évolution est en cours ?

Un psychothérapeute apprend même aux parents dont l’enfant vient d’être emporté par le cancer à identifier dans leur entourage les personnes «ressources» et les personnes «toxiques». «Les personnes toxiques, ce ne sont pas nécessairement des personnes qui ont de mauvaises intentions, mais elles n’aident pas les parents à vivre leur deuil [en amoindrissant la perte], explique M. Deslauriers. C’est important de dire aux personnes qui vivent un deuil qu’elles ont le droit et la possibilité de se passer pour un bout de temps les gens qui leur nuisent».

Les associations qui proposent d’accompagner ces parents en deuil se sont développées ces dernières années. (…) « Et de plus en plus de parents s’autorisent désormais à chercher de l’aide », souligne Annick Ernoult, fondatrice de l’association « Choisir l’espoir », et animatrice-formatrice au centre François-Xavier Bagnoud. (…) Ils peuvent enfin partager leurs expériences, leurs émotions avec d’autres parents qui traversent la même épreuve qu’eux, dire leur honte, leur culpabilité (« c’est de ma faute, je n’ai pas su protéger mon enfant »), leur difficulté à s’intéresser à leurs autres enfants (« je ne pense qu’à celui qui est mort »), leur colère, leur tristesse, et s’aider à apprivoiser peu à peu cette absence insupportable.

« On a le sentiment au début, explique Annick Ernoult, qu’on ne s’en remettra jamais. En parlant ensemble, on s’aperçoit qu’en fait on ne veut pas s’en remettre parce qu’on a peur d’oublier. Or, faire son deuil, rappelle-t-elle, ce n’est pas oublier, c’est s’apercevoir qu’on peut parler de son enfant autrement que dans les larmes, c’est se remémorer tout ce qu’on a vécu avec lui pour reconstruire l’héritage qu’il nous laisse. » « Il ne s’agit pas non plus de se consoler, précise Nadine Beauthéac. Quand on perd un enfant, on est inconsolable (on peut apporter son soutien à la personne, mais il faut lui garder son espace où elle est inconsolable). »

Les parents qui traversent cette épreuve ne seront jamais plus « comme avant » : ils changent leur échelle de valeurs, leur façon de voir les choses, ils ont besoin d’expérience fortes, authentiques, les sorties purement sociales deviennent insupportables. Certains sont amenés à quitter leurs amis. Beaucoup changent d’activité, de métier. « Les parents cherchent à donner un sens à leur vie, ajoute Annick Ernoult. Car si la mort d’un enfant n’a pas de sens, on peut donner un sens à sa vie après cet événement-là. » Chacun à sa manière. Un papa informaticien a voulu ainsi travailler dans un hôpital. D’autres vont militer dans des associations de lutte contre le cancer ou contre la violence routière… ou aider à leur tour d’autres parents en deuil… »

 

 

(1) « Le deuil à vivre », éd. Poches, Odile Jacob, 2000.

(2) « Le deuil. Comment y faire face ? Comment le surmonter ? », éd. du Seuil, 2002
« Apprivoiser l’absence : adieu mon enfant. », éd. Fayard, 1992.

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